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Changement climatique, quelles sont les “bonnes” priorités ?

Le changement climatique et la transition écologique sont des enjeux majeurs des décennies à venir.

Ces deux enjeux ne se superposent pas exactement.

Ce sont les deux grandes peurs du moment.

Pour quelques degrés de plus…

Il y a ceux qui pensent que le problème essentiel est l’augmentation de la température liée à l’activité humaine1.

Gaël Giraud, prêtre jésuite, économiste et écologiste convaincu, l’a rappelé avec brio récemment. C’était lors d’une webconférence organisée par des étudiants2.

Il explique que d’après les chercheurs du GIEC, si l’on ne fait rien, la température devrait augmenter d’ici quelques décennies de 3 ou 4 degrés sur la planète.

Cela aurait des conséquences extrêmement néfastes sur de nombreux écosystèmes2.

Le GIEC est un organisme intergouvernemental qui réunit des experts sur le climat.

Gaël Giraud précise que le climat deviendrait très chaud et très humide dans de nombreuses zones de la terre. Or l’être humain résiste mieux à un climat chaud et sec.

Ainsi, il est possible qu’à la fin du XXIe siècle, 50% des terres immergées connaissent des épisodes de canicules humides invivables durant plus de 20 jours par an.

Mais en Afrique équatoriale, dans l’Amazonie et en Inde et Asie du Sud-Est, ces périodes seraient beaucoup plus longues. Une bonne partie de l’année deviendrait invivable sans climatisation.

Il y aurait alors de vastes mouvements de population. Les gens fuiraient les fortes chaleurs, les maladies, la pauvreté, etc.

Et quelques ressources de moins…

D’autres chercheurs s’inquiètent du mode de vie des terriens et de leur utilisation disproportionnée des ressources fossiles3.

Selon eux, nous utilisons déjà deux fois plus de ressources que ce que la Terre est capable de fournir. Ainsi, on épuise les réserves à venir. D’après cette hypothèse, la tension sur l’eau, le pétrole, les métaux, les terres rares etc, augmente de jour en jour.

Eux aussi prévoient le chaos, les guerres et les mouvements de populations.

Quelle que soit l’hypothèse que vous retenez, il paraît évident qu’il faut agir d’urgence !

Du pétrole au minerai…

Ces collapsologues nous prédisent les pires catastrophes.

S’il n’y avait qu’un seul prophète de l’apocalypse, on pourrait l’ignorer. Mais quand se dessine un consensus mondial, c’est plus difficile.

On peut ne pas être d’accord, on peut prétendre que ce sont des exagérations, mais on aurait tort de ne pas se préparer un peu, au cas où…

C’est ce que font les autorités françaises et européennes.

En France, on mise sur la transition énergétique et la “croissance verte”4.

Cela consiste essentiellement à mettre des éoliennes et des panneaux solaires un peu partout.

L’ennui, c’est que ces machines consomment énormément de terres rares et de métaux comme le lithium venant de Chine ou d’Amérique latine. Elles ne sont donc que modérément écologiques même si elles ne consomment pas de pétrole5.

On opère en réalité une substitution. Mais rien ne change vraiment. La tension reste forte sur les matières premières et l’on ne joue qu’à la marge sur les émissions de CO2.

Il y a donc un fossé entre les prédictions pessimistes des uns et le semblant de réponse des autres5

Décroissance ou croissance de qualité ? 

La vérité, c’est que pendant un moment, il va falloir apprendre à faire aussi bien avec moins d’énergie.

Il faudra peut-être accepter que la croissance diminue.

Et ce n’est peut-être pas si grave.

Car si l’on produit un peu moins mais mieux, plus local et de meilleure qualité, on y gagnera tout de même.

Cela se verra moins dans les chiffres du PIB mais davantage dans le quotidien des uns et des autres.

La plupart des logements sociaux en France sont de véritables passoires énergétiques.

C’est une catastrophe sociale et écologique. Le gouvernement doit agir le plus rapidement possible.

Deux chantiers prioritaires pour un monde vivable !

Il existe deux grands domaines dans lesquels les progrès peuvent être rapides et efficaces : l’agriculture et le logement.

Sur l’agriculture, beaucoup de choses ont été dites.

Je soulignerai par exemple le travail de communication remarquable effectué par la ferme du Bec Hellouin6 ou par différents documentaires, dont le film Demain7 et le reportage Les Soigneurs de la terre8.

Si vous ne les avez pas vus, regardez-les absolument ! Cela en vaut la peine. Car il existe de nombreuses solutions pour préparer l’avenir dans ce domaine.

Une chose est sûre : l’agroécologie offre des solutions pour nourrir la planète sans détruire les sols ni épuiser les réserves en eau. Elle permet également de réguler le climat.

En effet, l’omniprésence des arbres permet d’attirer l’eau et de la garder. C’est la seule voie crédible pour répondre à court terme au changement climatique.

La deuxième priorité est le logement.

Si nous disposons de moins de ressources, il n’est pas dit que toute la planète pourra s’équiper en climatisation…

Une option crédible et accessible serait de construire des logements mieux isolés.

Objectif A, B, C pour les DPE de tous ? 

Hélas, en la matière, l’Etat ne montre pas vraiment l’exemple.

En 2009, lors du Grenelle de l’environnement, l’Etat s’était engagé à rénover 800 000 logements pour les mettre aux normes9.

À ce jour, on n’en compte que 100 000 rénovés.

Quant aux logements neufs, malgré tous les discours des responsables politiques, ils sont loin d’être toujours isolés10 ! 7% des logements sociaux seraient toujours de véritables passoires thermiques. Et le reste est à peine mieux.

Dans le secteur privé, ce chiffre atteint 18%11. Et 75% des travaux réalisés dans les dernières années par les particuliers ne leur ont pas permis de changer de catégorie de bâtiment12.

À l’heure actuelle, la majorité des logements en France ont un diagnostic de performance énergétique (DPE) de D. Cela représente 40% des logements environ13.

La meilleure note possible est le A qui représente moins de 3% des logements.

La pire note est le G. Elle concerne 6% des logements.

Globalement, tous les bâtiments dont le DPE est au-delà de D sont peu ou prou des “passoires thermiques”. Cela représente 41% des résidences principales.

Les logements efficaces, qui ont une note de A, B ou C constituent une minorité : c’est 19 % du total pour les résidences secondaires.

Si le gouvernement, avec tous les Français, se donnait pour objectif d’avoir 100% des résidences principales à ce niveau d’ici 2050, cela constituerait un effort sans précédent et très efficace contre le réchauffement climatique et le gaspillage des ressources.

Les charges baisseraient pour tout le monde et de nombreux logements n’auraient besoin ni de climatisation, ni de chauffage en dépit de l’évolution du climat.

Croyez-vous que l’on puisse y arriver ?

Solidairement,

Julien

 

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