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Comment la biodiversité nous protège des catastrophes naturelles

Bonjour,

D’après l’ONU, 90% des 1000 catastrophes naturelles les plus graves dans le monde seraient liées à l’eau. (1)

C’est un excès d’eau ou au contraire un manque d’eau.

L’ancien secrétaire général de l’ONU, Monsieur Ban Ki Moon avait ainsi résumé la situation, lors d’un colloque à New York sur la gestion de l’eau :

« Trop peu d’eau (…) peut entraîner sécheresse et insécurité alimentaire, tandis que trop d’eau, sous la forme d’inondations, de tempêtes ou de vagues, peut dévaster des villes entières, riches ou pauvres » (1)

Or, l’un des moyens les plus efficaces et les moins coûteux de répondre à ce défi est de préserver les écosystèmes naturels.

L’UICN prône les “solutions fondées par la nature”

Depuis quelques années, la notion de « solutions fondées sur la nature” s’est imposée parmi les acteurs de terrain.

Les états, les entreprises et les associations environnementales reprennent souvent cette notion qui désigne :

“les actions visant à protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés pour relever directement les défis de société de manière efficace et adaptative, tout en assurant le bien-être humain et en produisant des bénéfices pour la biodiversité”. (2)

Cette définition est celle de l’Union International de conservation de la nature. Cet organisme est une émanation de l’UNESCO par son premier directeur Julian Huxley.

Réaménager les fleuves pour qu’ils redeviennent naturels…

La France est active au sein de l’UICN et a présenté 21 projets. Le pays est surtout touché par les inondations, les coulées de boue et la sécheresse. (2)

Pour les inondations, les projets les plus adaptés sont ceux qui préservent ou restaurent, voire qui créent des zones humides fonctionnelles.

Voici deux exemples.

Dans le Doubs, il est prévu un reméandrement de la rivière Drugeon.

Comme bien d’autres rivières, elle avait de nombreux méandres.

Sauf que dans les années 50, des agriculteurs ont eu l’idée pour récupérer des terres agricoles de transformer le fleuve en canal.

Ils ont transformé les méandres en ligne droite. Le fleuve était plus court et plus rationnel.

Ils espéraient récupérer 2000 hectares de terres mais leurs efforts n’ont pas été récompensés à la hauteur de leurs espérances. Seuls 200 hectares ont été libérés.

Pire, le fleuve s’est mis à avoir des crues incontrôlables.

Depuis 2014, le projet consiste à créer de nouveaux aménagements qui permettent au cours de mieux réguler son débit.

Cela passe par de nouveaux méandres ou l’implantation d’une faune aquatique diversifiée qui travaille de concert avec le fleuve. Finalement, la nature fait plutôt bien son travail !

Sur l’Orge, un affluent de la Seine, la problématique est semblable.

Il fallait supprimer des clapets mis en place pour les moulins qui ne servent plus. Cela a permis de mieux faire circuler l’eau et les poissons et de mieux gérer les crues.

De nombreux cours d’eau sont ainsi réaménagés en France. On végétalise, on plante des haies ou reconstitue des zones humides…

Les tourbières sont parfois plus utiles que les arbres !

Dans les Pyrénées, un projet porté par le département consiste à préserver des tourbières en pente dans une zone forestière, sujette aux inondations. (3)

Cette zone avait été plantée d’épicéas il y a 50 ans mais ce n’était pas une bonne idée. Ces arbres menacent les tourbières qui sont plus utiles à la gestion du flux de l’eau que les épicéas.

Ces tourbières se jettent dans une rivière en contrebas. Elles ont un fonctionnement naturel efficace quoique délicat.

Tout le travail du département est de préserver cet équilibre. Et c’est déjà un gros travail.

Dans le monde, ces tourbières représenteraient 3 % des terres émergées. Cela paraît peu et pourtant ces zones sont absolument indispensables à la gestion des eaux et du climat.

De même les mangroves, les prairies naturelles ou les forêts jouent un rôle clef.

Un mot et une réflexion sur Julian Huxley, le fondateur de l’lUCN

Huxley est le nom d’une famille célèbre au Royaume Uni.

Julian Huxley était biologiste.

C’était aussi un écologiste convaincu. Il a fondé l’association WWF. Il a également écrit des ouvrages de vulgarisation scientifique.

Son frère, Aldous Huxley a écrit “Le meilleur des mondes”.

Son demi-frère Andrew, était biologiste également et même prix Nobel.

Leur grand père, Thomas Aldous Huxley était biologiste aussi – décidément – et grand partisan de Darwin.

Julian Huxley était connu comme étant un humaniste.

C’était aussi un théoricien de l’eugénisme.

Ce courant de pensée est favorable à la sélection génétique dans une population donnée. On garde les meilleurs individus et on supprime les moins bons.

C’est une pensée dangereuse. Car elle peut s’appliquer aux plantes, aux animaux… et aux humains.

Le nazisme, par exemple, était une forme d’eugénisme.

Les totalitarismes ont souvent tendance à aller vers l’eugénisme : la société veut éliminer les “mauvais” éléments pour la survie des “bons”.

Ce risque a probablement toujours existé dans l’histoire et il est encore bien réel aujourd’hui.

Mais cela pose tout de même une question : peut-on aimer la planète et détester les hommes d’en bas ? Ou ceux que l’on considère comme inférieurs ?

Chez les Huxley, il s’agissait peut-être d’un réflexe de classe sociale.

Il était également assorti d’un fatalisme que l’on retrouve dans le best-seller d’Aldous Huxley.

Il y a donc eu dès le début du mouvement écologiste en occident une contradiction : l’amour de la planète est associée à une haine des humains (ou de certains d’entre eux).

Comment dépasser ce paradoxe ?

Alors, je vous pose la question : peut-on vraiment aimer à la fois la nature et les humains, tous les humains ?

Comme le montrent les projets de l’UICN, les espaces naturels se sont forgés avec le temps pour des raisons bien précises.

Et la nature fait souvent les choses d’une manière aussi, voire plus efficace que les êtres humains.

De même que les espaces naturels ont leur raison d’être, il n’est pas impossible que la diversité humaine soit nécessaire même si Julian Huxley ne serait peut-être pas d’accord avec cette idée.

Car beaucoup de scientifiques d’aujourd’hui ont quitté l’idée d’un darwinisme forcené de la nature où le plus fort l’emporte.

Souvent, ce qui compte dans la nature, c’est la capacité de coopération.

C’est vrai chez les plantes, les bactéries, les champignons et dans les écosystèmes. C’est vrai aussi chez les humains.

Cela ne veut pas dire que la compétition n’existe pas.

Elle est là.

Mais elle ne résout pas tout.

La bonne intelligence entre les hommes entre eux et avec leur environnement semble être la solution la plus durable pour Homo sapiens et la planète qu’il habite.

Chiche ?

Solidairement,

Julien

 

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34 Comments
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martine mottini
4 mois il y a

D’accord avec vous pour plein de mesures à prendre, mais on oublie de dire que la Maladie de Lyme s’attrappe aussi dans les pelouses non tondues dans bien des parcs pour soi-disant protéger la biodiversité!!! Du coup les enfants (et les adultes aussi d’ailleurs) rentrent chez eux piqués par des tiques!!! Alors n’en faisons pas trop sous le prétexte de la biodiversité! Restons intelligents et protégeons les humains aussi! (voir la politique aberrante de la ville nouvelle de St Quentin en Yvelines pour ne pas la nommer!!!)

Sylvie
6 mois il y a

J’ai vu la conférence de Marie-Monique Robin, il y 1 an et j’ai lu son livre. Je le recommande vivement ainsi que son film

Regineuk
6 mois il y a

Bsr
Qd vs parlez de cooperation, vs evoquez la notion de symbiose
Un livre interressant a ce sujet, c’est virolution de Frank Ryan
Mais la notion de symbiose n’est pas en contradiction avec le Darwinisme, c’est un complement
Et les nouveaux darwinistes voient les choses de facon un peu plus ponderees
Ou peut etre, ils ont mieux compris la theorie de Darwin,

Ce qui est a peu pres sur, c’est que ce qui fait que ns sommes des etres vivants, que l’on soit etres humains, animaux ou plantes,c’est notre ADN, et la possibilite de le repliquer
Et c’est qquechose qui nous depasse
Alors, apres, on doit faire du mieux que l »on peut pour survivre ss blesser les autres etres vivants, mais sans se laisser manipuler par ceux qui pensent savoir, mieux que les autres, ce qui est bien ou mal, et comment il faut faire ceci ou cela, au nom d’un grand bien co.mmun, decrete par ceux qui ont les moyens financiers et , ou, de pouvoir de le faire
Ca, clairement, la notion de symbiose, cooperation a ete oubliee

Regineuk
6 mois il y a

Regineuk

Dubois
6 mois il y a

Merci. Ce texte est pour moi un cadeau d’humanité, d’accueil, de tolérance et d’espoir dans la vision un peu noire des bilans actuels de l’écologie et autres. Merci Julien de mettre de la lumière !

danièle
6 mois il y a

Il n’y a pas de différence entre nous et la nature, nous sommes partie intégrée dans la nature. Il n’y a pas nous ET la nature, nous sommes la nature….quand nous détruisons notre environnement c’est nous que nous détruisons et tout ce qui le compose

christine convert
6 mois il y a

Je suis là pour protèger la nature. Je me fous du paradoxe de Julian Huxley

michel goossens
6 mois il y a

En résumé, je pense que « l’évolution » ne peut pas se limiter à la biologie ni à la loi du + fort capable de survivre dans un environnement à risques. Nos sociétés doivent évoluer au-delà de Darwin, sinon, nous stagnons.
Elles auraient tout à gagner à remplacer compétition par coopération pour arriver aux buts choisis.Cela serait un changement fondamental dans notre perception des choses.Car dès le + jeune âge, le formatage compétitif commence ; même le sport dresse les gens les uns contre les autres.
Il s’agirait d’une réelle évolution de société nécessitant d’autres politiques et penseurs.

Jean-pierre
6 mois il y a

Si tous les hommes naissaient égaux mentalement c’est à dire avec les mêmes capacités, peut-être y aurait il une chance de vivre en bonne intelligence comme dit à la fin de cet article ; pour notre plus grand malheur ce n’ai pas le cas. La nature en ce qui concerne l’homme s’est bien plantée…

FONTAINE
6 mois il y a

Bonjour, deux mots sur le contexte: après plus de trente ans de vie en France et en ne voyant pas le problème du capitalisme ( dans l’informatique) et profitant de tous les avantages de la belle société française et 12 ans passés en tant que responsable environnement dans une grande industrie et une vraie prise de conscience de la problématique du climat et de son réchauffement, j’ai acquis pour ma retraite un terrain avec des oliviers et un potager qui est certifié bio depuis 3 ans et moi même je suis devenu agriculteur en permaculture. Voilà pour le contexte. Et pour répondre à votre problématique, pour agir il faut des moyens et absolument agir contre les lobbies et cela en prévoyant des taxations sur leurs immenses revenus et cela au niveau européen et biensur mettre au plus vite des limitations sur l’utilisation des énergies fossiles et en même temps favoriser les énergies renouvelables. Tout cela avec des objectifs ambitieux et atteignables. Etc…..
Un ancien Responsable QSEé à la retraite et Réunionais.

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